Ava Bock wearing studio safety equipment including ppe safety gear during an environmental portrait session on the Oregon coast, reflecting her sustainable resin art practice. Ava Bock wearing studio safety equipment including ppe safety gear during an environmental portrait session on the Oregon coast, reflecting her sustainable resin art practice.

Matériaux et éthique

Les matériaux avec lesquels je travaille ne sont pas des décisions esthétiques prises après coup. Ils sont le résultat physique d'une vie de valeurs façonnées par l'environnement, la santé et la responsabilité.

La même question guide chaque choix de matériau dans ma pratique : comment l'œuvre peut-elle exister sans contredire les valeurs qui régissent les espaces qu'elle intègre — les maisons, les ateliers et les environnements habités. Cette page décrit les considérations matérielles, éthiques et environnementales qui façonnent la fabrication de mon travail.


Les matériaux comme responsabilité

Ma relation aux matériaux a commencé bien avant que je travaille en atelier. Les premières expériences en milieu extérieur ont établi une compréhension du soin, de la retenue et du respect comme des valeurs par défaut plutôt que des philosophies.

Au fil du temps, mes voyages à travers les États-Unis et l'Europe ont renforcé l'idée que tous les environnements — naturels et construits — nécessitent une gestion responsable. Les espaces intérieurs sont aussi des environnements, entièrement façonnés par les décisions humaines. Cette compréhension informe ma façon de travailler et de sélectionner les matériaux.

Les matériaux ne sont pas neutres. Ils ont des conséquences.

Résine : santé, histoire et choix

Les résines synthétiques ont une histoire longue et complexe dans l'art contemporain. Bien qu'elles offrent des propriétés visuelles uniques, elles comptent également parmi les matériaux les plus dangereux avec lesquels les artistes ont travaillé.

L'héritage d'Eva Hesse a rendu cette histoire impossible à ignorer. Son travail a élargi le langage de la forme tout en révélant le coût physique de l'utilisation de matériaux toxiques.

Avec l'asthme, les sensibilités chimiques et des enfants souffrant de problèmes respiratoires, les résines traditionnelles à base de pétrole n'ont jamais été une option sûre pour mon atelier ou ma maison.

La décision de travailler avec la biorésine n'était pas un compromis esthétique. C'était une conciliation nécessaire entre l'éthique et la santé. La biorésine que j'utilise est dérivée de résines naturelles provenant d'arbres morts et de sous-produits agricoles plutôt que de produits pétrochimiques à base de combustibles fossiles.

Aucun matériau n'est parfait. Rien n'est entièrement sans impact. Mais choisir des alternatives dérivées de plantes et d'arbres permet au travail d'exister sans contredire les valeurs qui régissent ma vie et ma pratique.

Papier, encre et éthique de la gravure

La gravure a introduit un défi éthique distinct. Pendant des années, on m'a dit qu'une impression durable n'était pas possible. Cette affirmation ne correspondait pas à ma façon de vivre ou de travailler.

Les premières impressions ont été produites sur des substrats en polyester recyclé bien avant que les matériaux durables ne soient largement discutés dans l'impression d'art. Lors du développement de la collection Earthbound, j'ai cherché un papier qui reflétait les mêmes normes de responsabilité que celles présentes dans mes matériaux sculpturaux.

Cette recherche m'a menée à Hahnemühle, un fabricant de papier avec plus de 400 ans d'histoire et un engagement documenté en faveur de la responsabilité environnementale, de l'utilisation d'eau propre, des fibres naturelles et d'une production à faible impact.

L'utilisation de papier d'archives, produit de manière durable, permet aux impressions d'exister en tant qu'objets durables sans sacrifier la responsabilité environnementale.

La gravure, dans ce contexte, n'est pas une reproduction. C'est une continuation.

La durabilité comme infrastructure, et non comme esthétique

La durabilité dans ma pratique n'est pas appliquée au travail fini comme une préoccupation superficielle. Elle est intégrée dans le fonctionnement du studio et dans la prise de décisions.

Je suis membre commercial de 1% pour la Planète depuis 2021 et j'ai investi dans des projets d'énergie renouvelable via Energea depuis début 2023. Ces investissements ont déjà généré une production d'énergie solaire mesurable, compensant une partie de l'empreinte de mon studio et de mon foyer.

Ces choix sont des prolongements d'un mode de vie fondé sur la responsabilité, et non sur l'alignement marketing.

Intégration : Construire uniquement ce qui est nécessaire

Cette pratique est intentionnellement lente.

Reconstruire un studio ne consiste pas à recréer ce qui existait auparavant. Il s'agit de construire un écosystème où chaque décision – matériaux, ventilation, équipement et processus – soutient à la fois la santé et l'intégrité.

Travailler lentement permet à la pratique de rester alignée plutôt que réactive.

Ce que cela signifie pour le travail

Chaque pièce que je crée porte l'empreinte de ces décisions.

La retenue matérielle, l'approvisionnement soigné et le processus soucieux de la santé ne sont pas des superpositions conceptuelles. Ce sont les conditions qui permettent au travail d'exister honnêtement dans les espaces qu'il intègre.

Artist Ava Bock standing beside a tree in a forest environment reflecting the environmental values that inform her art practice.

En fin de compte, l'art est pour moi une autobiographie.

L'autobiographie intégrée à mes matériaux est une question d'intendance, de responsabilité et de soin.

Pour en savoir plus sur le cadre conceptuel qui guide cette pratique, lisez la Démarche artistique.